Dans cet article
- Le Suma (Pfaffia paniculata), aussi appelé ginseng brésilien, est la racine d'une liane du bassin amazonien que la tradition dit bonne « pour toutes choses ».
- Les peuples d'Amazonie l'emploient depuis des générations comme tonique et comme adaptogène, une plante qui aide le corps à s'ajuster au stress.
- Chez les soignants du haut Amazone, la racine soutient aussi un travail de fond sur la force intérieure, préparée dans un cadre précis fait de retrait, de chants et de diète.
- Chez Jaina, le Suma fait partie de l'Élixir Amazonien, présent dans deux Objets Rituels : Amazonian Alchemist et Luminous Rose.
- Le Pfaffia paniculata est étudié par la recherche (phytochimie, 20-hydroxyecdysone, saponines), travaux rapportés plus bas à titre informatif sur la plante.
Il y a des mots qui portent toute une pratique en eux. Suma en est un. Para toda, disent depuis des générations les peuples du bassin amazonien : pour tout, pour toutes choses. Une racine qu'on ne réduit à aucun usage unique, parce qu'elle a toujours servi à soutenir le corps dans son ensemble, sans séparer le soin de la peau du reste.
Qu'est-ce que le Suma (Pfaffia paniculata) ?
Le Suma est une liane arbustive à la racine profonde et étendue, originaire du bassin amazonien et des zones tropicales du Brésil, de l'Équateur, du Pérou et du Venezuela. Décrite pour la première fois en 1826, la plante a changé plusieurs fois de nom botanique (Pfaffia paniculata, puis Hebanthe paniculata) sans que son usage traditionnel n'en soit affecté. En Amérique du Sud, on l'appelle aussi « ginseng brésilien », en écho à sa réputation de plante tonique et adaptogène.
Sa racine concentre dix-neuf acides aminés, des oligo-éléments (fer, magnésium, zinc, germanium), les vitamines A, B1, B2, E et K, ainsi que des saponines particulières appelées pfaffosides. C'est cette richesse qui lui vaut sa réputation de plante « pour toutes choses ».

Le Suma en Amazonie, un usage transmis depuis des générations
Dans la pharmacopée traditionnelle amazonienne, le Suma est utilisé depuis longtemps comme tonique général, pour soutenir l'énergie, accompagner la récupération, retrouver un peu de calme intérieur. C'est ce qu'on appelle un adaptogène : une plante qui n'agit ni comme un stimulant ni comme un sédatif, mais qui aide le corps à mieux s'ajuster aux facteurs de stress, quels qu'ils soient.
Mais pour les soignants du haut Amazone, une racine tonique ne s'adresse jamais au seul corps. Le Suma appartient à ces plantes qu'on prépare et qu'on prend dans un cadre précis, pour raffermir ce que les curanderos nomment le souffle, la force intérieure d'une personne. On la fait décocter, parfois macérer dans l'alcool de canne, et on l'accompagne de chants et d'un temps de retrait où l'on mange peu et où l'on se tient loin du bruit, le temps de la laisser travailler. Cette période de diète n'a rien d'une privation. C'est la manière traditionnelle d'entrer en relation avec une plante, de lui laisser de la place et d'apprendre d'elle.
Dans cette approche, le Suma tient le rôle d'une plante qui fortifie et qui protège plutôt que d'une plante qui bouleverse. On la donne pour reconstruire quelqu'un d'affaibli ou raffermir un terrain fragile, et souvent pour préparer le corps avant un travail plus exigeant avec d'autres plantes. Les vegetalistas la rangent parmi les racines para toda, celles qu'on garde toujours à portée parce qu'elles soutiennent la personne entière, sa vitalité comme sa présence à elle-même. Ce savoir se transmet lentement, d'un maître à son apprenti, et c'est lui qu'on cherche à honorer chaque fois que le Suma entre dans nos formules.
Ce travail se fait dans la durée et dans l'écoute. On ne prend pas le Suma pour obtenir un effet, mais pour entrer en lien : le temps de retrait ouvre un espace où ce qui pèse, la fatigue ancienne, le découragement, la peur, peut se déposer et se dénouer. La racine y est reçue comme une alliée qui nettoie en profondeur et remet de l'ordre à l'intérieur, sans brusquer, en rendant à la personne un peu de sa clarté et de sa présence à elle-même. Ce qu'elle a à transmettre se révèle lentement, au fil des jours, dans le silence que l'on tient autour d'elle.
Cette idée de normalisation plutôt que de stimulation traverse toute la médecine traditionnelle amazonienne, et c'est exactement ce qui nous a happés lors de nos premiers voyages à Pucallpa : une manière de soigner qui ne sépare jamais la peau du reste du vivant. Dans les années 1970, la racine a même connu une notoriété inattendue en dehors du continent, adoptée par des sportifs d'Europe de l'Est sous le nom de « secret russe ».
Présent dans deux Objets Rituels
Le Suma y rejoint le sang de dragon et le beurre de murumuru dans un baume qui enveloppe les peaux fatiguées et soutient leur régénération.
Ici, l'Élixir Amazonien accompagne le bakuchiol, notre alternative végétale au rétinol, et l'huile de sang de dragon, dans un sérum de lumière.
Une racine qui se donne « pour tout », sans jamais cloisonner : c'est l'esprit qu'on essaie de ne jamais trahir chez Jaina. Le Suma entre dans notre Élixir Amazonien, ce complexe botanique né de notre collaboration avec des soignants shipibos, et c'est par lui qu'il rejoint la peau.
Ce que la recherche étudie chez le Pfaffia paniculata
Une revue publiée en 2024 dans le Journal of Ethnopharmacology fait le point sur la botanique, la phytochimie et les activités biologiques de la plante, et la situe parmi les végétaux d'intérêt en pharmacologie sud-américaine.1
Une fraction de racine enrichie en 20-hydroxyecdysone, l'un de ses principaux composés stéroïdiens, a montré chez la souris des effets anti-stress et un maintien des défenses antioxydantes dans le cortex cérébral.2
En laboratoire, un extrait de Suma a présenté une activité contre plusieurs germes impliqués dans les déséquilibres cutanés et buccaux, dont Candida, Pseudomonas aeruginosa et Streptococcus mutans.3
La richesse de la racine en saponines et en phytostérols (bêta-sitostérol, stigmastérol) est associée dans la littérature à des propriétés antioxydantes, souvent citées pour expliquer sa réputation de plante protectrice.4
1. Cotrim Ribeiro, S., et al. « A comprehensive review of Pfaffia glomerata : botany, ethnopharmacology, phytochemistry, biological activities, and biotechnology. » Journal of Ethnopharmacology, 2024. PubMed
2. Franco, R., et al. « A 20-hydroxyecdysone-enriched fraction from Pfaffia glomerata (Spreng.) Pedersen roots alleviates stress, anxiety, and depression in mice. » Journal of Ethnopharmacology, 2021. ScienceDirect
3. Miranda, D., et al. « Pfaffia paniculata extract, a potential antimicrobial agent against Candida spp., Pseudomonas aeruginosa, and Streptococcus mutans biofilms. » Microorganisms, 2024. PubMed Central
4. « Hebanthe eriantha (Suma, Brazilian ginseng). » Wikipedia, consulté en 2026. Wikipedia
5. Taylor, L., The Healing Power of Rainforest Herbs, Rain-Tree Database, 2025. Rain-Tree
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le Suma ?
Le Suma, aussi appelé ginseng brésilien, est la racine du Pfaffia paniculata, une liane du bassin amazonien présente au Brésil, en Équateur, au Pérou et au Venezuela. Sa racine est employée depuis des générations comme tonique dans la médecine traditionnelle amazonienne.
Pourquoi l'appelle-t-on plante « pour toutes choses » ?
Les peuples du bassin amazonien la disent para toda, pour tout. La racine n'a jamais été réduite à un usage unique : elle sert à soutenir le corps dans son ensemble, ce que sa richesse en acides aminés, oligo-éléments, vitamines et saponines vient documenter.
Comment les soignants amazoniens travaillent-ils avec le Suma ?
Les curanderos du haut Amazone rangent le Suma parmi les racines para toda, gardées à portée pour fortifier et protéger la personne. La plante se prend dans un cadre précis, préparée en décoction ou en macération, accompagnée de chants et d'un temps de retrait avec peu de nourriture, pour raffermir la force intérieure et préparer le corps.
Le Suma est-il un adaptogène ?
Oui. Un adaptogène est une plante qui n'agit ni comme un stimulant ni comme un sédatif, mais qui aide le corps à mieux s'ajuster aux facteurs de stress. C'est le rôle traditionnel du Suma dans la pharmacopée amazonienne.
Dans quels Objets Rituels Jaina retrouve-t-on le Suma ?
Le Suma fait partie de l'Élixir Amazonien, présent dans le baume Amazonian Alchemist et le sérum Luminous Rose.
Objets Rituels associés
Cette page présente l'histoire culturelle, botanique et scientifique du Suma à titre informatif ; elle ne constitue pas une allégation sur les effets de nos Objets Rituels. Envie d'explorer les autres plantes de nos rituels ? Découvrez notre glossaire d'ingrédients.

